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Défis de la frontière haïtiano-dominicaine 2004-2008

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Défis de la frontière haïtiano-dominicaine 2004-2008
Paroles prononcées par Daniel O’Neil durant l’atelier de fermeture du Projet binational “Fwontyè Nou-Nuestra Frontera »
27 aout 2008, 3:00 pm,
Hotel V Centenario, Santo Domingo
Membres de la Table d’Honneur
Mesdames et Messieurs,
Bonsoir,
Comme vous l’avez entendu dans les présentations antérieures, beaucoup de choses se sont produites durant les cinq dernières années sur la zone frontalière. Nous autres de PADF, sommes orgueilleux d’avoir participé à  ces changements.  Il y a cinq années, nous nous sommes proposés d’aider à revigorer la région frontalière et nous avons établi comme fins :
Qu’il y ait un réseau effectif d’échange d’information le long de la frontière en toute sa totalité ;
Que les organisations non gouvernementales de la  frontière aient de meilleures capacités techniques et de gestion pour pouvoir mieux  servir leurs membres,  qu’elles en viennent à gérer un flux croissant de fonds, et que les relations entre les communautés soient améliorées.
Nous sommes fiers d’avoir atteint et dépassé cet objectif.  Nous ne demandons pas le crédit pour avoir créé les changements mais certainement nous nous sentons fiers d’en avoir été partie prenante.  Comme le dit le titre d’un excellent livre de référence réalisé par Haroldo Dilla et Sobeida de Jesus, « la Frontière est en Transition. »
Dans les présentations antérieures, nous avons souligné quelques-uns des changements les plus importants qui se sont produits sur la frontière.  Ces changements ont généré de nouveaux défis.  Comme partie de la fermeture de cette étape du travail de Nuestra Frontera, je voudrais décrire les défis qu’à ce qu’il nous parait, la frontière confronte aujourd’hui.
Pourquoi la frontière est-elle importante ?
Pour commencer, nous parlons de la raison pour laquelle la zone frontalière est importante, et pourquoi elle nécessite une attention spéciale.
D’abord, son importance vient des problèmes de sécurité.  Le contrôle de la frontière peut stimuler ou décourager le commerce.  Elle est la porte d’entrée de votre pays.  A travers elles,  passent deux cent millions de dollars, -plus de deux  millions en biens,- sable, mangues, cabris, et des centaines d’autres produits. A travers elle, passent aussi des immigrants clandestins, l’influence aviaire et une armée de fourmis africaines.  Il n’y a pas que des haïtiens et des dominicains à traverser  la frontière dans la clandestinité. Dans ce monde de globalisation, il n’est jamais prudent de laisser sa porte ouverte.
Mais en même temps, le succès de l’économie des deux pays dépend du passage laissé aux marchandises et aux personnes.  Presque pour toute son économie, Haïti est le second marché mondial pour les produits dominicains.  C’est la même situation pour Haïti.  Imaginez l’impact dans les deux pays si la frontière se ferme.
Du coté dominicain, l’importance de la frontière reste clairement exprimée dans sa Constitution.  Ce même article est dans toutes les constitutions depuis 1955 :
Art 7.- Il est déclaré de suprême et permanent intérêt national le développement économique et social du territoire de la République le long de la ligne frontalière, de même que la diffusion de la culture et la tradition religieuse du peuple dominicain.  La mise en valeur agricole et industrielle des rivières frontalières continuera d’être régulée par les principes consacrés dans l’article 6 du protocole de Révision de 1936 du Traité des Frontières de 1929, et dans l’article 10 du traité de Paix, d’Amitié  et d’arbitrage de 1929 ;
Du coté haïtien, cette importance a été soulignée par les Parlementaires en février quand ils ont déclaré la frontière comme une aire prioritaire de développement.  Son importance pour le gouvernement haïtien se voit dans tous les ouvrages en cours sur la frontière :
La reconstruction des rues et édifices publics de Belladère ;
La réhabilitation des routes jusque la frontière ;
La construction de nouveaux blocs administratifs à Ouanaminthe et Belladère ;
Les plans pour la reconstruction d’Anse à Pitres l’année prochaine.
Donc, il est clair que, pour les deux pays, la zone frontalière est très importante et mérite votre attention spéciale.
Je vais parler de trois thèmes :
Les possibilités de production dans la frontière
Le commerce binational
L’avenir des peuples frontaliers
Production :
Ainsi comme ce fut souligné en présence de Don Victor, il est difficile pour la zone frontalière d’être compétitive en comparaison du reste du pays :
La zone est isolée- à trois ou quatre heures d’ici.  L’infrastructure est précaire.  Les routes qui vont à la frontière ne sont pas bonnes.  Les systèmes d’irrigation sont limités.  Il n’y a pas beaucoup de crédit et d’assistance technique
Donc, la production est plus coûteuse et plus difficile là-bas que dans les environs des grandes villes.  C’est pire du coté haïtien.  C’est vrai que le gouvernement est en train de construire des routes, mais encore, il manque toute une infrastructure depuis les écoles et cliniques jusqu’aux systèmes d’irrigation et aux sources de crédit.
Il vaut la peine de mentionner le succès de la zone franche d’Ouanaminthe avec l’usine de CODEVI ou Grupo M.  Il y avait un investissement de plus de vingt millions de dollars.  Dans la zone, personne n’a suivi sa route.
Sans encouragement spécial pour la reproduction, la région frontalière ne sera pas compétitive avec le reste du pays.
Cela peut se donner à travers de petits projets qui revitalisent la zone comme les travaux de la DGDF ;
Ce peut être la réhabilitation des routes qui communiquent avec la frontière ;
Ce peut être des programmes spéciaux d’assistance technique.
Ce ne doit pas être de l’argent remis, sinon des efforts dirigés vers l’assistance technique destinée à aider les producteurs à entrer dans la chaine de production de manière rentable ;
Ceci a été à succès pour une variété de produits en incluant le miel, le café, l’avocat, les noix macadamia, et les bananes organiques.
Mais ceux de la frontière ont besoin d’un appui spécial pour qu’ils soient compétitifs.
Commerce
Il est clair que les peuples frontaliers vivent du commerce. Comme l’a décrit M. Molano, une grande partie du commerce binational est faite en dehors des lois et des règlements des deux pays. Les pas fermes franchis pour commencer à contrôler le flux de biens dans vos pays respectifs compliquent le commerce.
Du côté des Haïtiens, on le voit d’abord dans l’application la plus rigoureuse de leurs tarifs douaniers et dans l’embargo de produits qu’ils considèrent incertains comme les produits avicoles.
Du côté des Dominicains, le CESFRONT a augmenté de manière significative la sécurité et a réduit le flux de personnes et biens. Comme résultat, le commerce transfrontalier a diminué de manière significative pour les économies.
De même  que la République dominicaine promeut ses exportations et contrôle les importations, Haïti fait la même chose avec comme résultat une diminution des flux dans les deux directions.
Le défi qui s’en vient est que les deux pays examinent les bénéfices mutuels du commerce – quels produits haïtiens pourraient être apportés à la République dominicaine avec des tarifs bas-avec inspection, mais en faisant tout d’une manière transparente et quels produits dominicains pourront bénéficier de même à Haïti.
En même temps, les deux côtés doivent commencer à partager l’information de manière plus fluide pour combattre la fraude et les flux clandestins.
L’objectif doit être une frontière efficace et contrôlée qui permet des avantages économiques pour le commerce entre les deux pays.
Le futur des peuples frontaliers :
Quel est le futur des peuples frontaliers ? Si les deux pays continuent à augmenter les contrôles, pouvons-nous retourner à la situation des années quatre-vingt quand les marchés à la frontière étaient très petits ? Comment peuvent vivre les populations frontalières si elles ne reçoivent pas l’appui nécessaire pour être compétitifs ?
Les difficultés indiquées antérieurement ont eu pour conséquence un problème de migration sérieux, -non seulement de citoyens haïtiens qui entrent par la frontière, bien que ce soit un fait indéniable,- mais un autre plus important, de dominicains se déplaçant loin de la frontière. Un problème commun dans beaucoup de nos groupes dans la zone frontalière est que leurs membres vieillissent. Leurs  fils s’en vont à Santiago ou à Santo-Domingo, en se déplaçant vers où il y a davantage de possibilités. Certainement, il y a des haïtiens qui seraient prêts à s’installer dans ces lieux, mais si la République dominicaine veut que ces peuples restent comme dominicains, on doit encourager que les personnes vivent là.
Pour survivre, la frontière doit être plus forte, plus productive, et plus intégrée. Une possibilité d’améliorer l’intégration vient de la loi de migration de 2003.  Malgré ses défauts, cette loi permet un libre flux des haïtiens résidant sur la frontière vers les populations frontalières de la République dominicaine pendant les heures où la frontière est ouverte tant pour faire des affaires que pour travailler sachant qu’ils retournent à maison dans la nuit. Cette possibilité, si elle  est appliquée, non seulement permettra de légaliser de facto la situation à la frontière mais aussi aidera les affaires à la frontière et fournira une source de main d’œuvre bon marché.
La frontière nécessite davantage d’appui, davantage d’intégration. Nous devons continuer à soutenir les résidents des deux côtés de la frontière pour améliorer leurs peuples et leurs vies en les aidant à produire plus, à être plus compétitifs. Nous de la Communauté internationale devons continuer à soutenir les efforts pour améliorer les relations entre les deux pays, non seulement au niveau des communautés, mais à tous les niveaux des sociétés.
Pendant que nous nous déplaçons vers un prochain chapitre dans l’histoire de la frontière, j’espère qu’il soit marqué par la collaboration et non par la confrontation. J’espère que la frontière haitiano-dominicaine se transforme en un important moteur pour la croissance du côté haïtien et reste comme un marché important du côté dominicain.
Mon pays a deux frontières terrestres. J’espère que votre frontière dans le futur ne ressemble pas à notre frontière du sud avec le Mexique, avec des cloisons et des gardes armées, mais plutôt à notre frontière coté nord, où les Etats-Unis et le Canada ont mis en œuvre des mesures mutuellement bénéfiques qui stimulent la croissance économique des deux côtés.
Merci  Beaucoup.

Paroles prononcées par Daniel O’Neil durant l’atelier de fermeture du Projet binational «Fwontyè Nou-Nuestra Frontera » (27 aout 2008, Hotel V Centenario, Santo Domingo)

Daniel ONeil

Daniel ONeil

Membres de la Table d’Honneur

Mesdames et Messieurs,

Bonsoir,

Comme vous l’avez entendu dans les présentations antérieures, beaucoup de choses se sont produites durant les cinq dernières années sur la zone frontalière. Nous autres de PADF, sommes orgueilleux d’avoir participé à  ces changements.  Il y a cinq années, nous nous sommes proposés d’aider à revigorer la région frontalière et nous avons établi comme fins :

Qu’il y ait un réseau effectif d’échange d’information le long de la frontière en toute sa totalité ;

Que les organisations non gouvernementales de la  frontière aient de meilleures capacités techniques et de gestion pour pouvoir mieux  servir leurs membres,  qu’elles en viennent à gérer un flux croissant de fonds, et que les relations entre les communautés soient améliorées.

Nous sommes fiers d’avoir atteint et dépassé cet objectif.  Nous ne demandons pas le crédit pour avoir créé les changements mais certainement nous nous sentons fiers d’en avoir été partie prenante.  Comme le dit le titre d’un excellent livre de référence réalisé par Haroldo Dilla et Sobeida de Jesus, « la Frontière est en Transition. »

Dans les présentations antérieures, nous avons souligné quelques-uns des changements les plus importants qui se sont produits sur la frontière.  Ces changements ont généré de nouveaux défis.  Comme partie de la fermeture de cette étape du travail de Nuestra Frontera, je voudrais décrire les défis qu’à ce qu’il nous parait, la frontière confronte aujourd’hui. Lire la suite »

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